___Parfois, la vie nous offre de drôle de surprise. Des surprises que l'on pourra jamais oublier.
___Caryalis. J'y vivais depuis bien des années déjà. Je suis même née là-bas pour tout te dire et je n'ai jamais regretté le choix de rester malgré le départ de mon père. En effet, mes parents sont divorcés depuis quelques temps maintenant et j'aurais pu décider de partir avec lui, à l'autre bout du monde. Mais c'est comme si quelque chose m'avait retenu ici et j'ai du le laisser s'éloigner de moi malgré l'amour que je lui ai toujours porté. Je ne comprenais pas toujours comment des enfants pouvaient tant haïr leurs parents, mais j'ai fini par me rendre compte que tout le monde n'a pas eu la même chance que moi. Ici, il n'y avait qu'une centaine d'habitant, tout le monde se connaissait. Malheureusement, plus les mois passés, plus la population diminuait, et pour cause, on comptait un disparu tous les quinze jours. Au début, je ne savais pas très bien ce qu'il se passait, j'étais comme tout le monde, un peu naïve quand à la situation qui se tramait tout près de nous. J'ai appris à grandir avec la peur que cela m'arrive aussi à moi. Mais il y a une légende sur la forêt, celle même qui entoure la ville depuis sa création. La forêt ... Au fond, oui, j'ai toujours eu peur d'elle, mais je n'ai pas hésité une seule seconde à m'y rendre pour savoir. Etant une grande curieuse, je n'ai pas su résister. Bien que cette tentation est peut-être était un peu trop forte ce jour-là, la première fois que je m'y suis rendue, sans protection, sans lumière, sans rien. Le lendemain, j'étais dans ma chambre, tranquillement dans mon lit, sous mes draps. Je n'ai pas compris.
« Amour, amour, amour ... Comme si cela existait réellement. Foutaise. »
___Je regardais la falaise avec un certain engouement pour celle-ci. J'ai toujours ressenti cette admiration pour les éléments de la nature. Ils se créent si facilement et ils n'ont même pas besoin de notre aide pour évoluer. Alors que les êtres humains, eux, même s'ils ne l'avouent pas toujours, ne savent pas se débrouiller seuls. Ils ont toujours besoin de quelqu'un, de quelque chose pour se sentir exister un temps soit peu. Je sais que je fais partie de ceux-là, mais parfois j'aimerais être différente, de ceux qui vivent différemment, dans un autre monde. Quoique, ça n'existe peut-être pas et qu'il existe encore en moi de ces rêves qui nous font croire à tout sorte de choses peu communes. Grandir. J'ai l'impression que mon esprit tout entier reste enfantin et que mon corps évolue sans que je ne me rende compte. Je vais vers mes dix huit ans, la majorité pour certain, une constante pour moi. Je reste la même, celle qui n'a jamais su être une adolescente. Ma mère m'a dit sans cesse de m'ouvrir aux autres, d'arrêter de rêvasser. Comme si nous étions capables de contrôler nos moindres faits et gestes. Les autres me révulsent. Leur manière d'agir, de parler, de se moquer des autres ne m'attirent pas du tout. Je préfère les personnes comme moi, qui ne se préoccupent pas de ce que les autres pensent d'eux-mêmes, bien que leur regard me donne parfois des frissons. C'est pour cela que je viens ici, que je regarde le rivage et que je laisse mes pensées s'enfuir un instant pour revenir ensuite, avec de nouvelles idées. Je sors. Seule.
___La solitude aurait pu peser à pas mal de personnes. Moi, je m'y habituais car je l'étais depuis le début. Pourtant, je ne dirais pas non à une présence près de moi, quelqu'un capable de me comprendre en un simple regard, qui me confierait ses secrets, comme je confierais les miens. Je n'ai pas trouvé l'idéal de ce genre, mais je sais qu'au fin fond de ce monde, il y a une personne de ce genre et que je la retrouverais un jour. Je ne peux pas reprocher aux autres d'être loin de moi. C'est juste comme si la ville se vidait à petit feu et que j'étais destinée à être la seule encore présente. Je me souviens, une fois, alors que ma grand-mère passait à la maison, elle n'a cessé de me répéter:
________ - Ceux qui osent entrer dans la forêt, n'en ressortent jamais.
___Il n'y avait surement rien de normal dans tout cela, j'en avais bien conscience. Mais comment faire pour savoir ce qu'il se passait exactement alors que je ne semblais pas être la cible de ces attaques. Pourquoi les autres et pas moi ? Et le pire dans tout cela, c'est que l'on ne retrouvait jamais aucun corps. Peut-être n'étaient-ils tout simplement pas mort. Peut-être l'étaient-ils, mais à tel point que nous ne sommes plus capables de les reconnaître. Il m'arrive d'avoir peur. Pas suffisamment pour ne pas recommencer.
___Le soir, alors que le soleil se couchait peu à peu, je suis rentrée chez moi en découvrant une voiture garée devant la maison. J'aurais pu la reconnaître parmi tant d'autres. En dix ans, elle n'avait pas changé. Je rentrais donc à l'intérieur et ne fut pas surprise d'entendre la voix de mon père s'élevant au-dessus de celle de ma mère.
_________ - Elle ne restera pas ici, tu m'entends ?! Tu ne te rends pas compte à quel point les choses sont dangereuses et toi, tu ce que tu fais c'est de préparer à te marier avec un autre sans t'occuper de ta fille ?
_________ - Parce que tu es là peut-être ...___Mes parents se détestaient. Je le savais. Les entendre se chamailler à mon sujet devenait insupportable Je ne voulais qu'une seule chose: voir mon père et ma mère s'entendre parfaitement bien. Pourquoi tant de difficultés à cela ? Ils ne s'aiment plus, je l'accepte, mais pensent-ils à moi un instant ? Les voir se déchirer et encore pire que de les savoir divorcés. J'ai souvent l'impression que les adultes ne comprennent pas. Et oui, en effet, si mon père passait plus de temps avec moi, il comprendrait que je suis incapable de quitter cette ville. Il y a quelque chose ici. Oui, j'en suis certaine.
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Enfin je retrouve cette gaieté pour écrire cette histoire bien que la précédente me tenait aussi à coeur. Je suis désolée d'être aussi indécise que ça. Je fais ce que je peux pour me sentir à l'aise dans quelque chose et j'espère que cette fois-ci, c'est la bonne. Bref, cette petite mise en bouche n'est pas extraordinaire, mais je ferais mieux la prochaine fois, promis. En attendant, un commentaire expressif pour être prévenu de la suite.